Castor fiber
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Gîte

Bien que, d'une manière générale, le castor construise son propre gîte (hutte ou terrier), il s'installera volontiers dans une cavité préexistante si celle-ci lui offre un accès direct au cours d'eau. Cette cavité pouvant être aussi bien naturelle : grotte ou caverne, qu'artificielle, telle une construction humaine abandonnée. Il arrive ainsi qu'un castor élise domicile dans un lieu qui peut apparaître pour le moins inhabituel. C'est le cas de l'individu qui s'est installé dans une vieille canalisation souterraine passant sous la route du village de Sainte Croix en Vallée Française. Il ne m'a pas été donné de le voir mais de nombreux habitants du vilage et de la vallée ont pu l'apercevoir, le soir tombé, nager et s'alimenter dans le Gardon qui coule au milieu du village.
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Le terrier

Il constitue l'habitation naturelle du castor. En effet, le rongeur ne recourt à la hutte que si la hauteur des berges ne lui permet pas d'y creuser un terrier.
Le plus souvent son entrée est amorcée sous une souche, entre les racines pour en consolider la structure. Les déblais sont évacués au loin, jusqu'au milieu du lit du cours d'eau, ceci dans le but de conserver la profondeur minimale de 50 à 60 cm à proximité du gîte.
L'animal creuse avec ses pattes antérieures dont les doigts, excepté le premier, possèdent des ongles courts, forts et recourbés particulièrement adaptés au fouissage; les racines rencontrées sont rongées.
L'entrée, toujours immergée, est prolongée par une galerie de 30 à 40 cm de diamètre pouvant mesurer plusieurs mètres de long. cette galerie aboutit à une chambre ou loge, généralement unique, de forme ovale et d'une hauteur de 40 cm pour un diamètre de 50 à 80 cm. La loge est toujours située au dessus du niveau de l'eau, à une hauteur suffisante pour prévenir une montée des eaux suite à une crue subite. Son plancher est recouvert d'une litière constituée de longues échardes de bois souples ; pour la conserver sèche et propre, le castor la renouvelle fréquemment et évacue celle qui est humide dans sa gueule jusqu'à l'extérieur du terrier. L'aération est assurée par une cheminée de 10 à 15 cm de diamètre, ouverte de l'intérieur et très souvent dissimulée sous la végétation.
Il n'est pas rare que le castor en creusant son terrier perce le plafond de la berge lorsque celui-ci est trop bas. Il essaiera alors de colmater l'orifice à l'aide de quelques branches et de boue et s'il n'y parvient pas se verra contraint de construire une hutte.
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© Marc Lercari 2004