Castor fiber
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Territoire

Description

Il s'étend habituellement sur une longueur de un à trois kilomètres dans certaines vallées et quelques dizaines de mètres de large sur les berges, le castor ne s'éloigne en effet que très rarement à plus d'une trentaine de mètres de l'eau. Cependant la largeur du territoire pourra être agrandie par la construction de canaux s'enfonçant dans les terres et qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de long.
Le castor défend son territoire contre l'intrusion et l'installation d'autres individus de son espèce. Les combats, lorsqu'ils surviennent, peuvent être très violents, cependant le vaincu n'est pas mis à mort mais abandonné souvent grièvement blessé. L'animal, dont les incisives peuvent s'avérer de redoutables armes, mord son adversaire sur le dos et aux membres antérieurs, des blessures suffisamment profondes au niveau d ela colonne vertébrale pouvant entraîner la paralysie. Toutefois de tels combats sont très rares et en règle générale le rongeur adopte un comportement de dérivation consistant en un renouvellement frénétique des dépôts de castoréum. De plus le passage et même le séjour temporaire de jeunes adultes passagers, qui ayant atteint leur maturité sexuelle sont à la recherche d'un territoire, semble toléré.
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L'acide salicylique entre notamment dans la composition de l'aspirine.

Marquage - le castoréum

Le marquage est effectué par des dépôts de castoréum, substance odorante élaborée dans les glandes préputiales ou glandes à castoréum, et selon certains auteurs également par le produit des glandes anales. Ces glandes ainsi que l'anus, les orifices génitaux et urinaires débouchent dans un pseudo-cloaque.
Si le rôle des substances produites par les glandes anales dans les processus de marquage du territoire est mal connu, celui du castoréum est en revanche évident et connu depuis très longtemps.
L'animal, mâle ou femelle, réalise un petit monticule de boue, de vase, de débris végétaux ou de neige qu'il pétrit avec ses mains. Puis il se retourne, soulève sa queue et projette le castoréum par une bruyante émission gazeuse. Celui-ci de couleur brune-orangée devient brun foncé, le phénol qu'il contient s'oxydant à l'air libre. Kingston (1965) a établi que 50 produits différents entraient dans le composition du castoréum chez le castor canadien, dont l'acide salicylique, provenant de l'alimentation riche en salicacées de l'animal et qui confère à la phéromone des propriétés fébrifuges, jadis utilisées en pharmacologie.
Ces dépôts se situent à vingt ou trente centimètres au dessus du niveau de l'eau sur des petites criques réservées à cet usage. On les trouve à proximité d'un gîte, d'un réfectoire, d'une réserve de nourriture ou d'une rampe d'accès sur la berge et ils sont d'autant plus nombreux que l'on se rapproche d'une habitation.
La fréquence selon laquelle est réalisé ce marquage varie au cours de l'année. D'une manière générale, c'est au cours de la période de rut et de transit des jeunes passagers à la recherche d'un territoire que les dépôts de castoréum sont le plus souvent renouvelés, soit du mois de décembre au mois de mars.

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© Marc Lercari 2004